Penser l’au-delà de la société automobile.
Towards a Beyond-Car Society.
By Prof. Jacques Lévy, Dr. Monique Ruzicka-Rossier, Dr. Elena Cogato Lanza, Dr. Riccardo Scarinci, Farzaneh Bahrami, Basil Schmidt, Alexandre Rigal, Matthew Skjonsberg avec le grand témoin, M. Olivier Français, Conseiller aux Etats du Parlement suisse.

Lancé en novembre 2013, le programme de recherche PostCarWorld financé par le Fonds national suisse de la recherche (FNS, dispositif Sinergia) a réuni près d’une vingtaine de chercheurs de toute la Suisse pour concevoir une simulation scientifique d’un monde sans voiture. Ce projet profondément inter- et transdisciplinaire a mobilisé des méthodes et des techniques très diverses pour imaginer, avec les habitants, ce qu’une société post-automobile pourrait être. Il en résulte, d’une part, le constat d’une faisabilité technique et d’une ouverture d’esprit des nombreuses personnes consultées mais aussi, d’autre part, une grande hésitation sur l’ampleur des pratiques quotidiennes qu’appellerait cette mutation majeure. À une « société automobile » centrée sur l’objet-voiture, pourrait succéder une société mobile qui se centrerait sur les services et les multiples projets des acteurs, petits ou grands, impliquant le mouvement. Les mobilités publiques et l’urbanisme occuperaient un rôle central dans une nouvelle articulation entre le lent et le rapide, le dense et le diffus, l’individuel et le collectif. C’est avant tout dans l’esprit des habitants que les choses se joueront et il appartient aux décideurs d’apprendre à les écouter.

Cette conférence sera suivie de la leçon d’honneur du Prof. Jacques Lévy : habitans. 17h15

Le vernissage de l’exposition “Penser (avec) la carte” dont une partie est réservée aux résultats de la recherche PostCarWorld aura lieu à 18h15, foyer SG.

 


 

Exposition

Penser (avec) la carte.
By Jacques Lévy

Durant ses treize ans d’existence, le laboratoire Chôros a développé un intense programme de cartographie. Son Pôle de cartographie a impliqué une dizaine de chercheurs et a contribué par ses innovations (histoire de la cartographie, cartogrammes, planisphère, modèles, applications, animations, mooc) à un « tournant cartographique » partie prenante du tournant spatial des sciences sociales. La carte a été approchée comme un langage qui n’est pas qu’un vecteur de communication mais aussi un outil de recherche, utile à tous les moments de la production de connaissances. Il a aussi rendu compte par la carte d’événements électoraux, notamment en Suisse et en France et apporté sa pierre à la réflexivité des citoyens et à la prise en compte de l’espace dans le débat public. De nombreux programmes de recherches, livres et articles ont jalonné ce parcours. Cette présentation montrera comment on peut – et on doit – penser la carte pour penser avec la carte.

Les travaux du programme de recherche PostCarWorld constitueront une partie de l’exposition:

lancé en novembre 2013, le programme de recherche PostCarWorld financé par le Fonds national suisse de la recherche (FNS, dispositif Sinergia) a réuni près d’une vingtaine de chercheurs de toute la Suisse pour concevoir une simulation scientifique d’un monde sans voiture. Ce projet profondément inter- et transdisciplinaire a mobilisé des méthodes et des techniques très diverses pour imaginer, avec les habitants, ce qu’une société post-automobile pourrait être. Il en résulte, d’une part, le constat d’une faisabilité technique et d’une ouverture d’esprit des nombreuses personnes consultées mais aussi, d’autre part, une grande hésitation sur l’ampleur des pratiques quotidiennes qu’appellerait cette mutation majeure. À une « société automobile » centrée sur l’objet-voiture, pourrait succéder une société mobile qui se centrerait sur les services et les multiples projets des acteurs, petits ou grands, impliquant le mouvement. Les mobilités publiques et l’urbanisme occuperaient un rôle central dans une nouvelle articulation entre le lent et le rapide, le dense et le diffus, l’individuel et le collectif. C’est avant tout dans l’esprit des habitants que les choses se joueront et il appartient aux décideurs d’apprendre à les écouter.

Cette double exposition suit la leçon d’honneur du Professeur Jacques Lévy, qui se tiendra dans l’auditoire SG1 à 17h15.

 


 

Atelier de midi 2014-2017

Lessons from Medellín
Urbanism and Mobility
by Marcela Giraldo

The recognition of the city of Medellin (Colombia) as an Urban Example has been result of several political processes and strategies during the last 20 years focusing in providing basic utilities, public space infrastructure, upgrading slums in the aim that architecture and urbanism were vectors of a deep social transformation.

In 2004 the construction of the Metrocable (cable cars) represented a breakthrough public mobility as it was the first city in the world to use the aerial cable-cars technology for public mass transport exclusively aimed at low-income populations. This became a milestone in the social regeneration of Medellin, and also a sense that they have helped revalue the violence and poverty in the eyes of residents and a growing number of tourists.

2 March 2017 at 12:00, EPFL AAC 006

 


 

Past Futures
London, Paris and Shanghai,1851-2051
by Carlos López Galviz

This talk is an invitation to consider the role that history can play when thinking about the future of a post-car world. It argues that by understanding change in the past not only can we make better sense of our present situation, but, more importantly, we can reveal the limitations, the likelihood and the desirability of futures as we envision them today.

Through a close examination of the work of Charles Pearson in London (c.1851), Michel Ragon in Paris (c.1965) and the New Towns Policy in Shanghai (c.2005), Dr. Galviz will discuss the process of envisioning urban futures, the cultures of expertise and ownership around these visions, and the different symbols of futurity and the politics of mythmaking that have been central to the shaping of the future in all three cities.

3 May 2016 at 17:00

 


 

Pratiques quotidiennes de mobilité
Une hétérodoxie à construire
par Thomas Buhler

Depuis une trentaine dʼannées en France se sont diffusées des politiques publiques visant à une réduction de la pratique automobile en ville, prenant de nombreuses formes (report modal, intermodalité, multimodalité…). Avec le recul, les résultats sont loin du succès espéré, même dans le cas dʼagglomérations très volontaristes. Ceci conduit à un constat paradoxal : les politiques publiques, lʼévolution des coûts des énergies, des représentations et des attitudes environnementales des individus vont dans le sens dʼune volonté majoritaire de la réduction de la pratique automobile en ville. Pour autant, celle-ci peine à se concrétiser au quotidien.

Thomas Buhler propose une lecture de lʼindividu par les habitudes (temporelles, territoriales et représentationnelles) qui permet de mieux comprendre les résistances automobiles actuelles et dʼimaginer de nouveaux types dʼaction publique.

Jeudi 25 février 2016 à 12h30, Salle BP 3127, EPFL.

 


 

Vivre en quartier urbain central
Une stratégie pour acquérir un capital spatial élevé
par Patrick Rérat

Cette présentation aborde le regain d’attractivité des villes pour les catégories socio-professionnelles supérieures dans le cas de trois centres urbains suisses. Les choix résidentiels étudiés sont étroitement liés à la recherche d’un capital spatial spécifique de la part de ménages qui placent les questions de proximité et de mobilité au cœur de leur décision de vivre en ville, qui adoptent un comportement multimodal, et qui apparaissent attachés à la proximité tout en étant potentiellement hypermobiles (à l’instar de certains pendulaires interurbains). Cette dotation en capital spatial s’explique par des stratégies d’adaptation (afin de concilier les différentes facettes de la vie quotidienne) et par certaines valeurs (notamment environnementales). Le choix résidentiel apparaît dans l’ensemble comme un choix stratégique, la localisation centrale et le potentiel de mobilité qui lui est associé devant permettre aux ménages de rendre compatible contraintes spatio-temporelles et modes de vie.

Jeudi 26 novembre 2015 à 12h30, Salle MEB 10 à l’EPFL

 


 

Lʼintelligence spatiale
par Patrick Poncet

Le projet Post Car World cultive une double ambition : penser dans une perspective large l’automobilité et ses évolutions, sans renoncer à constituer le savoir accumulé et structuré en sources d’actions transformatrices de la société. En cela, il s’inscrit dans l’époque, quand les sciences sociales sont sommées d’être utiles et rentables. C’est leur demander l’impossible autant que l’inutile, car la recherche scientifique doit entretenir une part fondamentale qui ne doit répondre à aucune commande. Mais c’est aussi une demande légitime tant du point de vue de la société, qui valorise la pensée par l’action, que de celui de la vie scientifique, qui oblige à penser la place et le rôle des chercheurs et à sortir d’une vision monolithique que les sciences ont d’elles-mêmes et qu’elles pensent protectrice. Il s’agit au contraire de concevoir ce que peuvent être les technologies sociales, à côté des sciences sociales.

Patrick Poncet présente son travail de fondation et d’élaboration de la technologie répondant à la science géographique, qu’il appelle l’intelligence spatiale. Il abordera l’origine de la réflexion, mais surtout le cœur théorique de l’intelligence spatiale, qui peut en retour renouveler la théorie de l’espace.

Jeudi 22 octobre 2015 à 12:30 dans le bâtiment GC, salle B1 10.

 


 

Un tram pour lʼAfrique?
par Jacques Lévy

Un pre-car world peut-il passer directement au post-car world en sautant lʼétape de la « société automobile » ? Cʼest la question que pose lʼinauguration récente du métro-tram dʼAddis-Abeba. Capitale de lʼÉthiopie, lʼun des pays les plus pauvres et des moins motorisés du monde, cette ville en croissance rapide semble avoir fait des choix audacieux et prometteurs.

Lʼexpérience est-elle viable et généralisable ?

22 mars 2016 à 12h30, EPFL

 


 

Un Brésil sans voiture ?
À la recherche des signaux faibles.
par Jacques Lévy

Cinquante ans après sa fondation dans la pure perspective du Mouvement Moderne, où en est Brasilia? Que penser des expériences de désaffection d’un viaduc autoroutier à São Paulo? En quoi les transformations urbaines de Rio de Janeiro en rapport avec la Coupe du Monde de football de 2014 et les Jeux Olympiques de 2016 concernent-elles la place de l’automobile?

Jacques Lévy présente un récent travail de terrain au Brésil, un pays où, classiquement, la voiture individuelle règne en maître. Il identifie un certain nombre de signaux faibles d’une inflexion et propose quelques lignes interprétatives.

Mardi 3 mars à partir de 12h15. Foyer SG, EPFL.

 


 

Plus de mobilités
Moins dʼinfrastructures
par Alfred Peter

Des déconstructions impressionnantes de voies rapides « urbaines », héritage des années 1970 à Séoul, Vancouver, San Francisco et New York, combinées à des projets urbains, peuvent être considérées comme des précurseurs spectaculaires d’un mouvement de réconciliation entre urbanité et mobilité. Le constat que l’instauration de fortes coupures, de maltraitance de cours d’eau, de nuisances sonores, de qualité de l’air, ont entraîné partout dans le monde des déqualifications et des paupérisations. Cette situation est un héritage encombrant des visions futuristes des trente glorieuses en matière de mobilité.

Il faut donc repenser autrement nos façons de bouger.

30 Septembre 2014, 15h15 à l’EPFL.

 


 

Other conferences & seminars

Eco-Fiction
Comment la fiction permet-elle d’interroger notre rapport
aux technologies et à la nature ?

Cette question sera discutée à travers la Saga sur le nucléaire «La simulation humaine» de Daniel de Roulet et les travaux du laboratoire de l’EPFL PostCarWorld qui imagine un monde sans voitures et les implications possibles de ce changement radical sur la vie sociale et l’urbanisme.

Mercredi 20 janvier, 20h30
Maison de Quartier Sous-Gare, Lausanne

 


 

Urbanisme et modes de vie
Quel avenir pour la voiture dans les planifications
territoriales ?

Le 08.12.2015, Jade Rudler, PhD student pour le projet PCW a présenté les enjeux du projet PCW lors des Rendez-vous de la prospective, AudaB (Agence d’urbanisme de l’Agglomération de Besançon), Besançon, France.

Quid de l’automobile pour la ville de demain? La présentation du projet de recherche pluri-disciplinaire Post-CarWorld sera l’occasion de réfléchir à une possible réduction de la place de la voiture dans la vie des habitants et des conséquences urbanistiques de l’évolution des modes de vie. Cette simulation pluri-disciplinaire de la Suisse sans voiture nous permettra d’aborder les enjeux de la mobilité pour l’aménagement du territoire.

 


 

On the Road.
Toward a post-car Leman city.

Reducing individual motorized mobility is widely debated today, as an environmental concern, addressing the challenge of reducing emissions of polluting gases and calling attention to energy resources.

At the same time, social behaviors are symptomatic of an actual decrease in the interest for cars: decrease in sales, decrease in the percentage of young people who obtain a driving license. The reasons lie not only in a decrease in the purchasing power of individuals, but also in changing lifestyles and greater value attributed to other consumer goods.

The Teaching unit will explore the future of urban space with the assumption that the aforementioned trends will accelerate and finally lead to the total elimination of the car. This radical hypothesis requires that we reverse the way we look at the urban space.

How would urban space change in a post-car world (http://postcarworld.epfl.ch), specifically regarding the immense amount of space currently dedicated to traffic and the car? What potential reuse is there for countless square meters of road and cubic meters of built volume that will be underexploited, if not completely abandoned? What new forms are possible for territories that have been modeled for over a century by the car? What models of urbanity might emerge where mobility increasingly becomes a practice of short distances (walking, cycling) and commuter trajectories provided by public transit? What new forms and dimensions might public space take, what uses and atmospheres?

The site chosen to answer such questions for this exercise is a segment of the Leman Lake, between the two cities of Geneva and Lausanne-Morges, a territory whose economic vitality depends on its attractiveness in terms of quality of life and work. If car-mobility there has formerly been a decisive factor in its development, it has since become an obstacle given the counterproductive effects of daily traffic jams and slowdowns. Does the Leman city-territory, with its characteristic values and qualities, maintain these beyond individual motorized mobility?

FROM CAR TO THE POST-CAR: A TERRITORIAL INVERSION

The segment of the Leman Lake between Geneva and Lausanne is chosen as the field of this design research exercise. While a tendency to reduce car mobility has already started in both cities, especially thanks to the respective city conurbation projects, for the space in-between these issues remain unaddressed.

To make a genuine territorial inversion, students will engage in an exercise in two stages: With reference to the concept of porosity, they will rearticulate mobility networks across a site 70 kilometers long; they will then test the possibilities to reuse spaces of the automobile in the context of proximity.

1. POROSITY

In pairs, students will re-organize mobility within the study area based on pedestrian metrics, bicycle, bus, tram and train at the metropolitan scale. A series of ‘radical’ projects developed for other cities, serving as references, are provided by the instructors. Thus it will be an investigation into the potential for porosity within the territory, intended to reveal a new territorial structure. The notions of ‘Landscape Urbanism’ and ‘Agrarian Urbanism’ will be discussed in relation to the character of the new city that would emerge.

2. PROXIMITY

Either in pairs or individually, students will work at the scale of the artifacts left by the car, and available for re-use. The priority is given to public space, forms of occupation and needs related to a new social life where the proximity scale would take on increasing importance. To define the new scales, configurations and material elements of the public space for new forms of interaction and sharing scenarios will be developed for new practices and hypothetical lifestyles, to associate with the spaces and their reconversion ‘stories’ for inhabitants both real and fictitious. Drawing on the model of Broadacre City by Frank Lloyd Wright, a concentrated manifesto of elements of his urban utopia based on the car, students will compose their concentrated manifesto of post-car Leman city.

INSTRUCTORS

Elena Cogato Lanza (Lab-U), Luca Pattaroni (LASUR), Farzaneh Bahrami (Lab-U), Matthew Skjonsberg (Lab-U), Simon Berger (Lab-U).

SEMINARS WITH POST-CAR WORLD GROUP

The TU is a component of a Sinergia research “Post-Car World”, developed in partnership between EPFL-ETHZ-USI (http://postcarworld.epfl.ch). The students’ work Will be discussed with some of the research group on the occasion of Intermediate seminars (03.10 and 14.11) and two Final seminars (17.10 and 05.12):

Michel Bierlaire (TRANSP-OR), Vincent Kaufmann (LASUR), Jacques Levy (Chôros), André Ourednik (Chôros), Alexandre Rigal (CEAT), Jade Rudler (Chôros), Monique Ruzicka-Rossier (Chôros), Riccardo Scarinci (TRANSP-OR).